Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


44782 lectures

La théorie du gender, véritable enjeu du débat sur le mariage pour tous

20.12.12 - Invité de la rédaction - Georgina Dufoix, ancienne ministre française des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, dresse les enjeux du débat sur le mariage pour tous.

Georgine Dufoy

Nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à prier pour les autorités, selon 1 Timothée 2, 1-4, et à comprendre combien la prière peut changer l’atmosphère qui entoure nos responsables. Mais il me semble que nous devons être encore plus vigilants. Le gouvernement français prépare un projet de loi qui permettrait aux couples homosexuels de se marier et d’adopter des enfants. Ce projet devrait être débattu à l’Assemblée et au Sénat dès fin janvier.
S’il ne s’agissait que de répondre à la demande de la communauté homosexuelle et LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et de donner aux couples homosexuels davantage de reconnaissance et de sécurité, tout serait simple: il serait possible d’étendre ou de transformer le Pacs. Par contre, le problème est tout autre si l’on veut faire entrer les homosexuels dans l’institution du mariage: il faudrait transformer cette institution en profondeur, tant dans son esprit que dans son contenu.



Suppression du père et de la mère

Une modification du Code civil serait nécessaire.
En effet, le mariage civil est une clé de la vie sociale et familiale, qui organise l’alliance entre un homme et une femme. Le couple a pour fonction de mettre au monde des enfants, de les élever dans un cadre stable et de protéger le plus faible. Les conjoints s’engagent à s’assister mutuellement si besoin.
Pour que deux personnes d’un même sexe puissent se «marier», il faudrait changer le Code civil et en faire disparaître tout ce qui traduit l’altérité entre un homme et une femme: les mots «père» et «mère» seraient remplacés par le mot «parent» qui, lui, est asexué. Nous deviendrions parent 1 ou parent 2...
Ne nous y trompons pas: derrière ce changement de mot, il y a bien sûr la volonté de faire plaisir à la communauté LGBT, mais il y a surtout un présupposé fondateur, qui est celui de la philosophie du Genre. Cette vision du monde refuse la différence entre hommes et femmes. Ceux qui la défendent voient dans l’altérité de l’homme et de la femme non pas une source de vie et de complémentarité, mais une source d’exploitation. Le féminin et le masculin deviennent de simples rôles que l’on peut échanger ou parodier à souhait.

C’est cette théorie du Genre que l’on trouve à la base de la réflexion et de l’action de ceux qui demandent aujourd’hui de pouvoir se «marier»; c’est cette théorie qui obligerait tous les citoyens à rayer les mots «père» et «mère» de leur acte de mariage et de leur livret de famille.
Derrière les mots se profile donc une vision du monde, une construction intellectuelle combattant l’hétérosexualité en tant que norme sociale. Selon cette conception, la norme sociale est vue comme imposée et dépassée, puisque bâtie sur la différence sexuelle.

Le problème de l’adoption

La notion de filiation me semble importante.
Elle ne se contente pas d’indiquer par qui l’enfant sera élevé, elle lui permet surtout de savoir d’où il vient. Brouiller la chaîne des générations conduirait la personne à se construire sans fondation. Quel affaiblissement!

Par ailleurs, la question de l’adoption pose problème. Certes, certains couples homosexuels élèvent déjà de fait des enfants, mais les données seraient tout autres si une loi particulière autorisait l’adoption pour répondre à leur souhait d’avoir des enfants.
Le sens profond de l’adoption est de donner un père et une mère à un enfant qui en est privé. Ce n’est pas de donner à des adultes un enfant pour répondre à leur désir. Le sens même de l’adoption serait renversé, passant d’un «droit de l’enfant» à «un droit à l’enfant».
Enfin, il me semble injuste qu’une minorité impose à une majorité un changement de civilisation si profond. Ceci ne signifie pas qu’il ne faille pas écouter les demandes particulières de la communauté homosexuelle.
Mais n’est-il pas possible de faire preuve de créativité juri dique, par exemple en améliorant le Pacs pour répondre à certaines demandes, plutôt que de déstabiliser en profondeur ce fondement de la vie sociale et de la vie générationnelle qu’est le mariage entre un homme et une femme?



Il y aurait encore beaucoup à dire, mais mon objectif est d’amener les chrétiens à persévérer dans la prière pour ceux qui occupent aujourd’hui des postes-clés.

Article tiré du journal "Christianisme Aujourd'hui", publication chretienne Suisse

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://radio.vie-fm.fr/BlogRadio/index.php?trackback/191

Fil des commentaires de ce billet