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Michel et Catherine Hermenjat

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Cet enfant qui m'a manqué - Michel HERMENJAT.
Il est rare qu'un homme parle de l'avortement.
Il aura fallu à Michel Hermanjat, plus de vingt ans pour prendre la pleine mesure de ce qui s'est déroulé un matin de 1975, au début de sa vie adulte, et des implications multiples de l'IVG décidée avec sa compagne.
Une dizaine d'années plus tard, un documentaire, "Le cri silencieux", ainsi qu'un débat politique en Suisse sur l'avortement, amèneront Michel Hermanjat à réfléchir sur l'IVG, ses conséquences et sa banalisation.
Loin des polémiques habituelles sur la question, c'est avec beaucoup de sincérité qu'il témoigne de son parcours douloureux dans "Cet enfant qui m'a manqué".

Fichier audio intégré

Michel :

j’avais 20 ans, tout juste majeur au début des années soixante-dix. Me voilà amoureux de Catherine qui vient de fêter ses 18 ans et qui m’annonce une grossesse. Elle vit cela comme une désobéissance à ses parents auxquels elle a promis de terminer ses études. Convaincu par ma mère que c’est une affaire de femme, je dis à Catherine que son choix sera le mien.

Catherine :

Très tourmentée, je fais le choix douloureux de l’avortement malgré beaucoup d’ambivalence. Michel est à la clinique à mon réveil de l’anesthésie : nous avons de la peine à nous regarder et nous n’osons rien nous dire. Les mois qui suivent sont très délicats. Proches à plusieurs reprises de la rupture, nous nous marions 8 mois après cet avortement. Une petite fille va naître deux ans plus tard avec de grandes complications pour moi. Cela se répète pour les deux enfants qui suivent. Le médecin nous dit que l’avortement a abîmé mon utérus et envisage son ablation.

Michel :

De mon côté je commence à faire souvent le même cauchemar dans lequel je me vois chaque fois échapper à une mort certaine. Chaque année, Catherine fait aussi une dépression. C’est plus tard qu’elle réalise que c’est chaque fois à la période de l’année où elle a vécu son avortement. Je commence à lire la Bible qui m’a été remise le jour de mon mariage. Un déclic se produit et je fais une démarche de foi. Je commence alors à me dire que j’ai peut-être une responsabilité dans ce qui est arrivé à ma femme ! La prière de l’Eglise dans laquelle nous sommes engagés est exaucée : l’utérus de Catherine est guéri et deux autres enfants naissent sans difficultés.

Catherine :

Pour la guérison psychique et spirituelle, notre chemin sera plus long. Une amie nous propose une thérapie intitulée : « L’espérance est vivante ». Vingt ans après cet avortement, nous avons pu faire notre deuil, une étape nécessaire pour renaitre et vivre la réconciliation dans notre couple et avec nos enfants. Cela nous a apaisés, rassurés et l’impact sur nos enfants a été considérable. Jusque là, ils ne se sentaient pas pleinement le droit d’être en vie. Cela s’est traduit jusque dans les résultats scolaires. La sécurité est revenue dans notre famille. Aujourd’hui, nous nous engageons pour aider celles et ceux qui sont passés par l’avortement, prévenir les grossesses précoces et soutenir les futurs jeunes parents.

Témoignage tiré du site :"IVG Rompre le silence"

http://www.zebuzztv.com/Stream/333201.mp4 : à visionner

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