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DOROTHEA TRUDEL (1813-1862)

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Dorothea Trudel est née en 1813 à Hombrechtikon,au bord du lac de Zürich. Elle était la cadette de onze enfants. Son père, un homme colérique et violent, ne s’occupait guère de sa famille. Par contre, sa mère était une femme pieuse et dévouée qui ne se plaignait jamais du comportement épouvantable de son mari. Elle était l’exemple d’un courage joyeux et paisible, et elle se reposait uniquement sur son Seigneur quant aux besoins de sa famille. Son mot d’ordre était:

«Prier et non mendier.»

Quand il n’y avait rien dans la maison, elle citait avec assurance : "J’ai été jeune, j’ai vieilli; et je n’ai point vu le juste abandonné, ni sa postérité mendiant son pain" (Ps. 37:25).

Elle disait :

«Enfants, priez et travaillez, et vous ne manquerez de rien!»

Quand la maladie frappait la famille, cette mère exemplaire n’avait de médecin que Dieu et de remède que la prière,

et ils virent plusieurs interventions divines dans des situations graves.

Malgré bien des privations et travaillant dur dès leur enfance, Dorothea et

ses frères et sœurs eurent une jeunesse joyeuse. Il régnait dans la maison familiale une atmosphère de paix et de sainteté grâce aux prières et à la conduite vertueuse de la maman qui impacta fortement la vie de ses enfants. Ainsi,

Dorothea mena dès sa jeunesse une vie empreinte d’une grande moralité et de beaucoup de piété.

Toutefois, elle avait hérité de la violence de caractère de son père, et son cœur avait besoin d’être changé. L’événement suivant y contribua.

Une crise profonde

A l’âge de 22 ans, l’une de ses meilleures amies décéda subitement. Cette tragédie amena Dorothée à une introspection personnelle poussée qui la mit face à qui elle était réellement. Ce fut une crise silencieuse qui dura des mois et Dorothée finit par en tomber gravement malade. Mais  c’est durant cette période que s’opéra dans son cœur un changement décisif; elle s’humilia et vécut une profonde conversion. En 1840, après la mort de sa mère, elle s’installa avec une partie de ses frères et sœurs chez son oncle à Männedorf. Là, elle se mit à fréquenter assidûment le culte des Frères moraves où elle fut bientôt reconnue pour son zèle religieux. En parallèle, elle confectionnait des fleurs artificielles et travaillait dans l’atelier de son neveu. Pleine d’ardeur et de sympathie, elle s’occupait comme d’une tendre mère du bien matériel et spirituel des ouvriers et des apprentis.

Un pas de plus vers la consécration

Vers 1850, Dorothée assista à une réunion très vivante dans un autre contexte où on lui demanda si elle avait reçu le Saint-Esprit. Elle chercha la face du Seigneur pour comprendre ce qui lui manquait comme fondements bibliques, avec cette assurance qu’il la guiderait. Dans cette même période, elle cria un matin à Dieu pour la conversion de son neveu : «Oh Dieu, quand enfin convertiras-tu ce pauvre Jacob?»

 A peine avait-elle parlé qu’elle entendit ces mots : «Convertis-toi toi-même avant de vouloir convertir les autres!»

Et soudain, sa vie entière passa en un clin d’œil devant elle : tout y était souillure et péché; son orgueil l’accusait particulièrement.

Elle resta plusieurs jours dans un trouble profond.

Après des heures d’angoisse, la conviction que Jésus, le Crucifié, ne l’abandonnerait pas lui rendit la paix.

Elle se trouva alors dans un état de communion intense et non interrompue avec son Dieu; elle se sentait transformée.

Au bout de trois semaines, elle dut demander à Dieu de faire diminuer la vivacité de ce qu’elle éprouvait pour pouvoir vaquer à ses tâches journalières. Depuis cette expérience, l’influence qu’elle exerçait déjà sur son entourage s’accentua de plus en plus.

Prière pour les malades et guérisons

Quelque temps après, quatre ouvriers de son neveu tombèrent gravement malades, et elle se sentit poussée à suivre la ligne tracée par l’épître de Jacques (verset 5: 14)en leur imposant les mains au nom du Seigneur. Ne connaissant pas d’ancien qualifié pour le faire[prière et onction d’huile], elle dit naïvement au Seigneur : «Sois toi-même l’ancien!»

Elle pria et obtint la guérison.

Il en fut de même dans d’autres cas, et bientôt elle était couramment appelée auprès des malades du village pour leur imposer les mains.

De nombreuses guérisons firent sa réputation.

Peu à peu, on lui amena des malades chez elle qu’elle gardait jusqu’à ce qu’ils guérissent.

Elle s’occupait d’abord de leur âme, puis priait inlassablement pour leur corps malade avec une abnégation totale. Les gens repartaient souvent guéris et sauvés. Les malades affluaient de plus en plus et elle dut acquérir d’autres maisons.

Elle dormait aux côtés des malades qui en avaient le plus besoin et si nécessaire, elle intercédait la nuit durant pour eux. Elle ne refusait personne qui frappait à sa porte pour chercher la guérison. Le succès de son ministère attira toutefois quelques persécutions.

On la calomnia à plusieurs reprises et elle fut l’objet de nombreuses critiques. On déposa plainte contre son travail par deux fois et elle fut condamnée par les autorités à payer des amendes et à renvoyer ses malades.

Mais à chaque fois, Dieu retourna les situations, en sorte qu’elle put continuer son ministère jusqu’à sa mort, en 1862.

C’est Samuel Zeller, son fils spirituel, qui poursuivra son travail.

La révélation

Le terreau de la révélation : le brisement, l’humilité et le renoncement

Comme nous l’avons vu, Dorothée traversa plusieurs crises qui l’amenèrent à un brisement total de sa volonté propre. Elle le disait elle-même : «L’or dans la coupelle est affiné jusqu’à ce que le fondeur y voie bien distinctement son image; le Sauveur pareillement n’éteindra la fournaise où il nous fond, que lorsqu’il verra son image dans notre âme.»

Au tout début de son ministère, le mot d’ordre de Dorothée était :

«Que mon nom, disparu de la scène du monde, Soit un jour répété par l’écho du saint lieu : Qu’il dorme enseveli dans une nuit profonde, Pourvu qu’il soit inscrit dans le livre de Dieu.»

Autre citation de Dorothea :

«Je savais par ma propre expérience que nous ne sommes pas des instruments dont le Sauveur puisse se servir comme il l’entend, aussi longtemps que le feu de son amour n’a pas dévoré tous nos goûts personnels, tout orgueil, toutes vanités, toutes convoitises, toute avarice, tout ce qui n’est pas purement divin, aussi longtemps que toute volonté propre n’est pas absolument morte en nous, et que nous ne pouvons pas dire en toutes circonstances : c’est ma nourriture d’accomplir la volonté de mon Père.»

La révélation de Jacques 5 : 14-15

Voici comment Dorothea relate son imposition des mains aux ouvriers malades de son neveu après que ceux-ci eurent vu le médecin : «Il fut constaté cependant que leur état empira après avoir pris les médicaments, jusqu’à ce que finalement, le besoin devint si pressant que je vins [rampant] comme un ver vers le Seigneur, et exposai notre détresse devant lui. Je lui dis combien je voulais envoyer chercher un ancien, comme il est commandé en Jacques 5; mais, vu qu’il n’y en avait point, je voulais, animée de la foi de la Cananéenne [selon Mat. 15 : 22-28], aller auprès de mes malades et, sans faire confiance à nulle vertu [provenant] de mes mains, je les leur imposerais. Le Seigneur me bénit si visiblement, qu’ils guérirent tous les quatre.»

C’est alors que Dorothée intercédait avec compassion pour ses ouvriers malades que le passage de Jacques 5 lui fut révélé comme un éclair.

Devant les limites de la médecine et après avoir tergiversé avec le Seigneur, elle eut la conviction qu’elle devait simplement mettre en pratique ce passage biblique.(...)Et là, à genou au chevet des ouvriers malades, elle pria pour eux et ils se rétablirent. Cette découverte, qui l’avait d’abord bousculée, devint la révélation de sa vie.

Elle l’appliqua aux malades qu’elle visita ensuite, puis elle le fit dans sa propre maison alors que les souffrants affluaient chez elle pour trouver la guérison. Malgré elle, elle finit par les loger.

La manière de les traiter était simple: la priorité était de s’occuper d’abord du cœur, puis on cherchait la guérison du corps. Tous les jours, il y avait un culte et trois fois une heure de méditation biblique, en plus des visites personnelles au chevet des malades où l’on priait pour eux.

On leur imposait les mains et on les oignait d’huile. L’imposition des mains et l’onction d’huile étaient utilisées en lien avec les ins-tructions données par les apôtres, mais on ne mettait pas l’accent sur leur utilisationcomme s’il y avait eu en eux-mêmes quelque vertu. Parfois, on ne voyait pas de résultat à la prière ou la réponse n’était pas immédiate.

On avait cependant constaté un lien proche entre la condition spirituelle du malade et sa guérison.

Il semblait que le progrès de la guérison suivait la rapiditédes progrès spirituels du malade. En voici l’illustration :

un jeune homme malade depuis longtemps vint frapper à la porte de Dorothée pour lui demander de l’aide. Elle lui dit de but en blanc:

«Quand la maladie du péché sera sortie du cœur, la maladie du corps cédera aussi bien vite.» Au bout de dix jours, ce jeune homme repartait, après avoir passé par une profonde conversion et en bonne voie de guérison!

Toutes sortes de guérisons se produisaient chez Dorothée :des boiteux, des cancéreux, des fiévreux, des épileptiques, des cas que les meilleurs spécialistes en médecine n’avaient pu guérir, des aliénés, etc.

Il faut relever que les guérisons des cas de folie étaient plus fréquentes que celles de toute autre forme de maladie. En effet,

Dorothée était particulièrement sensible aux personnes souffrant de troubles psychiques, ayant elle-même déliré à un moment donné pendant quelques heures, alors que son âme était à l’agonie parce qu’à ce moment-là, elle ne comprenait pas la volonté de Dieu. Depuis, elle était attirée par les cas semblables et son humble expérience lui permettait souvent de juger de manière très exacte le véritable état des malades souffrant de troubles psychiques

.

Elle prenait du temps avec eux pour qu’ils scrutent leur cœur afin que Dieu s’occupe de la source du problème. Elle les exhortait à une capitulation totale de leur propre volonté et à une entière soumission à Dieu. Chez d’autres personnes, elle remarquait que le problème était plus profond et elle apportait personnellement ces cas aux pieds de Jésus, priant et jeûnant pour elles si nécessaire.

Elle laissait Dieu la conduire dans la manière d’aborder le patient, et après avoir persévéré dans la prière parfois jusqu’à en être elle-même physiquement exténuée, le diable lâchait sa victime et le malade était rapidement guéri!

L’atmosphère dans laquelle la révélation croît : la Parole de Dieu et la prière

La préoccupation principale de Dorothea était qu’un esprit de prière règne dans ses maisons. De plus, elle considérait la Parole de Dieu comme étant le seul vrai remède. Au début, elle prenait un temps individuel quotidien avec ses malades pour partager avec eux la Parole de Dieu. Mais vu le nombre grandissant de pensionnaires, elle finit par les rassembler autour d’elle lors de quatre moments spirituels quotidiens. Elle lisait alors un sermon d’un prédicateur ou prenait le chapitre indiqué par le livre de textes moraves. Ou encore, se recueillant et dirigeant son regard vers le ciel, elle tirait son texte d’une boîte renfermant une collection d’environ mille passages bibliques. A peine la lecture finie, elle parlait près d’une heure avec une liberté, une verve et une charité difficiles à se représenter. Son discours n’avait pas tant le caractère d’un enseignement que celui d’un témoignage rendu à la fidélité, à la sainteté et à la puissance de Dieu.

Parlant de ses propres expériences, la richesse de sa vie intérieure donnait une grande autorité à sa parole.

Elle encourageait chacun à prendre les promesses de Dieu plus au sérieux, à rechercher un plein affranchissement du péché, ainsi qu’une vie sainte et bénie.

Citations

Voici quelques «miettes» tirées des prédications de DorothéeTrudel

«Il y a des chrétiens de sentiment, des chrétiens de la pluie et du beau temps, des chrétiens de langue, des chrétiens d’imagination, des chrétiens de caprice, des chrétiens de mode, des chrétiens-machines, des demi-chrétiens; tâchons d’être deschrétiens fidèles, bibliques, apostoliques, de sang-froid, authentiques et complets.»

«Nos cœurs ne doivent pas être des salons où le Seigneur fait quelques visites, mais des demeures où il habite constamment.»

·«Les monnaies portent l’image du souverain qui les a fait frapper; si Jésus est notre souverain, nous devons porter son image, ou nous sommes une fausse monnaie.»

·«Si notre conduite n’est pas conforme à la Bible, nous donnons raison aux incrédules qui prétendent que la Bible est pleine de fables. Ils devraient se convaincre, en nous observant, que l’Ecriture est véritable, et que le Dieu qui se manifeste en nous est bien le Dieu des patriarches.»

·«Celui qui se fait un devoir de prier est un homme à plaindre. Celui que l’amour de Jésus-Christ porte à prier, celui-là sait ce que c’est que de prier.»

·«Notre esprit d’oraison ne vaut pas grand-chose, quand après avoir prié, nous pouvons plaisanter ou tenir des propos inutiles.»

·«Qu’est-ce qui te tient le plus à cœur, l’âme du voleur ou l’argent qu’il t’a volé?»

Conclusion –une révélation applicable par nous tous

Dans ses sermons, John G. Lake appelait Dorothée Trudel

«l’apôtre de la guérison». Cependant, elle aurait certainement refusé ce titre.

«Ce que je fais, disait-elle, vous pouvez tous le faire, chacun à

la place où Dieu l’a mis. Si le Seigneur a daigné me recevoir, moi, chétive créature, pleine d’orgueil et de ruse, s’il a détruit ma méchante volonté pour mettre la sienne à sa place, comment ne le ferait-il pas pour vous?»

Evina Monney

Message de la plénière du 20.12.16

Livre

:Samuel Zeller, "Souvenir des derniers moments de Mlle Dorothée Trudel de Männedorf"

, Librairie S. Delachaux Editeur, 1863

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